FSU
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Jacques BRILLET
Secrétaire départemental
Objet :
Inscription des enfants de deux ans dans les écoles
maternelles
du département.
Monsieur le Maire,
Dans le cadre de la préparation de la prochaine
rentrée scolaire, l’Inspecteur d’Académie du Morbihan a adressé aux directeurs
des écoles publiques et privées une lettre en date du 22 décembre remettant en
cause l’inscription des enfants de deux ans dans les écoles de notre
département.
La forte scolarisation des enfants de deux ans est
une des caractéristiques de notre région, tout comme l’excellence de la
performance scolaire des jeunes Bretons en est une autre.
La très forte demande des familles, contrairement à
ce que certains responsables voudraient laisser croire, ne correspond pas à la
recherche d’un accueil gratuit du jeune enfant mais à une attente d’école.
La scolarisation des enfants de deux ans a des
effets bénéfiques et vérifiés par les études de l’INSEE.
Dans son dernier rapport (France, portrait social,
édition 2006.), les auteurs - J-P Caille et F. Rosenwald - soulignent le
caractère bénéfique de cette scolarisation. « Les
premières analyses réalisées sur le panel de 1997 montrent que les élèves
entrés à l’école à 2 ans ont un meilleur niveau de compétences à l’entrée du CP
mais que cet avantage ne perdure pas toujours aux cours des deux premières
années de scolarité élémentaire. […]. En revanche, les écoliers entrés à
l’école maternelle à 2 ans redoublent un peu moins souvent : 86 % d’entre
eux parviennent en sixième à l’heure ou en avance, contre 82 % des enfants
scolarisés à 3 ans. L’écart de réussite entre les élèves scolarisés à 2 ans et
ceux rentrés à l’école maternelle à 3 ans atteint 5 points à l’entrée au CE2 et
retombe à 3 points en fin de scolarité élémentaire ». (p 130).
Les municipalités de notre département ont toujours
accompagné cette attente sociale des familles, en construisant ou adaptant les
locaux, en recrutant les personnels de service nécessaires. La construction et
la rénovation des écoles sur les dernières années témoignent de l’importance de
l’investissement des communes.
Restreindre la scolarisation des enfants de deux
ans, définir de façon unilatérale la notion de capacité d’accueil au-delà de
laquelle aucune inscription ne pourrait être faite revient à déstabiliser les
écoles, les familles et les collectivités territoriales.
L’histoire de l’école s’est construite dans nos
départements bretons sur la certitude que la formation et la qualification
permettaient ensuite l’insertion sociale et professionnelle. Personne ne peut
se permettre aujourd’hui de remettre en cause la performance future des élèves.
Les enjeux sont bien trop importants.
Dans un état qui décentralise et déconcentre ses
actions, ce mode de décision par circulaire, sans aucune concertation réelle,
sans aucun débat autour des enjeux, souligne un éloignement surprenant, à
rebours de ce que l’on peut attendre aujourd’hui de fonctionnaires d’état.
Familles, élus et enseignants partagent le même
souci de qualité et connaissent les enjeux de formation pour les élèves. Les
mesures de carte scolaire seront connues dans quelques jours. Nous comptons sur
votre engagement.
Nous nous permettons de vous proposer un projet de
délibération à soumettre à votre conseil municipal. Cette délibération
permettra de marquer, auprès des autorités académiques comme auprès des
familles, votre volonté de voir l’école maternelle morbihannaise continuer à
scolariser les enfants dès deux ans pour les familles qui le veulent.
Nous vous demandons de bien vouloir soumettre ce
projet à l’avis de votre conseil avant les premières décisions de carte
scolaire qui interviendront vers le 5 février 2007.
Veuillez recevoir, Madame le Maire, l’expression de
mes salutations les meilleures.
Jacques BRILLET