FSU 56

Jacques BRILLET

Secrétaire départemental

 

Lorient, Le 9 janvier 2007

 

Objet :

Inscription des enfants de deux ans dans les écoles maternelles

du département.

 

Monsieur le Maire,

 

Dans le cadre de la préparation de la prochaine rentrée scolaire, l’Inspecteur d’Académie du Morbihan a adressé aux directeurs des écoles publiques et privées une lettre en date du 22 décembre remettant en cause l’inscription des enfants de deux ans dans les écoles de notre département.

La forte scolarisation des enfants de deux ans est une des caractéristiques de notre région, tout comme l’excellence de la performance scolaire des jeunes Bretons en est une autre.

La très forte demande des familles, contrairement à ce que certains responsables voudraient laisser croire, ne correspond pas à la recherche d’un accueil gratuit du jeune enfant mais  à une attente d’école.

La scolarisation des enfants de deux ans a des effets bénéfiques et vérifiés par les études de l’INSEE.

Dans son dernier rapport (France, portrait social, édition 2006.), les auteurs - J-P Caille et F. Rosenwald - soulignent le caractère bénéfique de cette scolarisation. « Les premières analyses réalisées sur le panel de 1997 montrent que les élèves entrés à l’école à 2 ans ont un meilleur niveau de compétences à l’entrée du CP mais que cet avantage ne perdure pas toujours aux cours des deux premières années de scolarité élémentaire. […]. En revanche, les écoliers entrés à l’école maternelle à 2 ans redoublent un peu moins souvent : 86 % d’entre eux parviennent en sixième à l’heure ou en avance, contre 82 % des enfants scolarisés à 3 ans. L’écart de réussite entre les élèves scolarisés à 2 ans et ceux rentrés à l’école maternelle à 3 ans atteint 5 points à l’entrée au CE2 et retombe à 3 points en fin de scolarité élémentaire ». (p 130).

 

Les municipalités de notre département ont toujours accompagné cette attente sociale des familles, en construisant ou adaptant les locaux, en recrutant les personnels de service nécessaires. La construction et la rénovation des écoles sur les dernières années témoignent de l’importance de l’investissement des communes.

 

Restreindre la scolarisation des enfants de deux ans, définir de façon unilatérale la notion de capacité d’accueil au-delà de laquelle aucune inscription ne pourrait être faite revient à déstabiliser les écoles, les familles et les collectivités territoriales.

 

L’histoire de l’école s’est construite dans nos départements bretons sur la certitude que la formation et la qualification permettaient ensuite l’insertion sociale et professionnelle. Personne ne peut se permettre aujourd’hui de remettre en cause la performance future des élèves.

Les enjeux sont bien trop importants.

Dans un état qui décentralise et déconcentre ses actions, ce mode de décision par circulaire, sans aucune concertation réelle, sans aucun débat autour des enjeux, souligne un éloignement surprenant, à rebours de ce que l’on peut attendre aujourd’hui de fonctionnaires d’état.

 

Familles, élus et enseignants partagent le même souci de qualité et connaissent les enjeux de formation pour les élèves. Les mesures de carte scolaire seront connues dans quelques jours. Nous comptons sur votre engagement.

 

Nous nous permettons de vous proposer un projet de délibération à soumettre à votre conseil municipal. Cette délibération permettra de marquer, auprès des autorités académiques comme auprès des familles, votre volonté de voir l’école maternelle morbihannaise continuer à scolariser les enfants dès deux ans pour les familles qui le veulent.

Nous vous demandons de bien vouloir soumettre ce projet à l’avis de votre conseil avant les premières décisions de carte scolaire qui interviendront vers le 5 février 2007.

 

Veuillez recevoir, Madame le Maire, l’expression de mes salutations les meilleures.

 

 

 

 

Jacques BRILLET