INTERVENTION
Nous sommes rassemblés à l’appel des sections départementales de la FSU, du SDEN-CGT, du SGEN-CFDT, de SUD Education, de lUNSA Education et des parents d’élèves de la FCPE pour dénoncer les projets de décisions budgétaires du gouvernement pour 2007.
Discrédité par sa défaite sur le CPE, désavoué par de multiples défaites électorales et à quelques mois d’échéances électorales décisives, la légitimité de ce gouvernement s’épuise mais il n’en continue pas moins son entreprise de dégradation des services publics.
Il envisage de frapper plus fort encore en 2007 en supprimant 15 000 emplois de fonctionnaires après en avoir supprimé 7 400 en 2005 et 5 300 en 2006.
Tous les secteurs de l’éducation sont touchés. Ce qui éclaire le discours le discours du Premier ministre qui prétend faire de l’éducation une « priorité majeure de l’action de son gouvernement » tout en y supprimant 8 700 emplois.
Sous les gouvernements Raffarin et De Villepin, ce sont 27 000 emplois d’enseignants, de CPE, de CO-Psy qui auront été supprimés.
Ces 8 700 emplois manqueront pour assurer un service public d’éducation de qualité ; 8 700 emplois qui feront défaut face à l’augmentation des effectifs à scolariser.
Qui peut croire à la campagne médiatique
orchestrée par le Ministère sur le thème d’une rentrée 2006 réussie ? Les
arguments avancés ne résistent pas longtemps !
Qui peut croire que le Ministre renforce l’enseignement prioritaire alors que son plan est financé par la suppression d’ une demi-heure d’enseignement à tous les élèves de 5ème et 4ème et qu’il ne parvient pas à recruter les professeurs référents expérimentés.
Qui peut croire notre ministre sur la sincérité de son action envers l’enseignement public quand toute son énergie est mobilisée par l’obsession de la réduction budgétaire.
Contrairement à qu’il affirme, ce n’est pas une volonté de renforcer la réussite de tous qui guide son action. C’est la volonté de réduire à tout crin l’offre globale de formation, de masquer les régressions derrière des termes apparemment consensuels, comme le socle commun qui porte ses volontés d’exclusion et de sortie précoce du système éducatif.
Le système éducatif, d’ailleurs, ce n’est pas uniquement les enseignants et des élèves, mais aussi l’ensemble des personnels de santé, administratifs et de service qui sont poursuivis par cette hargne budgétaire et qui voient leurs misions même contestées pour mieux être externalisées, c’est à dire tout simplement privatisées.
Rappelons-nous, que ça n’est que contraint par les interventions des écoles, des enseignants et des parents, que le Recteur a rétabli la visite médicale des 6 ans, qu’il avait supprimée pour cause d’économies budgétaires.
Réduire les coûts ne fait pas une politique surtout quand celle-ci passe par la précarisation des emplois, des missions et des services.
Personnels titulaires non remplacés, vacataires licenciés, chômage massif des personnels non-titulaires, tous les métiers qui concourent à la bonne marche de l’éducation nationale sont visés par cette volonté de déstabiliser notre école.
Pourquoi cette hargne ?
Parce les Français aiment leur école publique. Ils aiment ce service public, dernier des services publics présent dans de nombreux quartiers et territoires.
Mais leur attachement aux valeurs d’égalité n’est pas compatible avec les projets encore plus libéraux qu’espèrent mettre en œuvre certains.
Et pour le gouvernement, il y a un vrai problème : les personnels et les familles.
Il existe dans ce pays un vrai désir d’école et une véritable attente d’éducation et de formation de la part des familles.
5 000 élèves supplémentaires sont présents dans les établissements publics de l’Académie en cette rentrée. C’est la marque de confiance entre l’école publique et le pays.
Que les politiques s’emparent de la question de la carte scolaire montre bien cette sensibilité de l’opinion envers l’école.
Dans un sondage récent, 80 % des familles attendent davantage de l’école, non par la désectorisation, mais par la diminution du nombre d’élèves par classe, par un taux d’encadrement permettant une approche plus différenciée des élèves.
80 % des familles réclament davantage de moyens pour l’école et que leur offre-t-on, ici, dans l’académie et le Morbihan ?
Des fermetures de classes qui se font au niveau des ouvertures de février 2006, des remplacements qui déjà ne sont plus assurés illustrent ces dégradations. D’ailleurs, les enseignants en grève refusent de s’inscrire dans cette spirale de la régression.
Nous ne tolérerons plus autant de classes sans maître, quand l’an passé, l’Inspecteur d’Académie du Morbihan, sous prétexte d’économies permises de la LOLF, a laissé vacant 15 postes budgétaires dans le département, amputant de 30 personnes le volume des maîtres à remplacer.
Pour simplement trouver le niveau d’encadrement de la rentrée 2004, ce n’est pas si loin 2004 ! ce sont 78 postes qui manquent au département.
Dans le Morbihan, les écoles ont bénéficié de l’apport d’un enseignant supplémentaire pour 80 élèves en plus en 2005.
Et que dire de la prise en charge des élèves en difficultés !
On peut multiplier les sigles et les déclarations, ils ne remplacent pas les structures qui s’effacent et ne sont pas remplacées.
En cette rentrée 2006, dans notre académie,
les 105 suppressions d’emplois -plus de 1000 depuis 2001- dans les collèges et
lycées se traduisent par une baisse en volume et en qualité de l’offre de
formation : carte des formations réduite, classes de plus en plus
chargées, plus aucune possibilité de travail en groupes allégés en collège.
Elles conduisent à une multiplication du
nombre de compléments de service, à la multiplication des bouts de postes
provisoires et de fait, à une nouvelle dégradation des conditions
d’affectations et de travail des collègues, notamment des TZR.
La course obstinée aux économies débouche
sur un chômage massif de nos collègues non-titulaires.
La diminution importante du potentiel de
surveillance pèse lourdement sur la vie des établissements et se traduit aussi
par du chômage partiel pour nos collègues ASEN.
Qui peut croire qu’en augmentant une
nouvelle fois la charge de travail des personnels au détour d’une réécriture du
Décret de 50, on améliorera la qualité de l’enseignement ?
Sont
dans le collimateur : les heures
de première chaire attribuées aux professeurs de Terminale, de Première et de
STS, les heures de cabinets d’histoire-géographie ou de labo. Les collègues de
sciences et des enseignements technologiques en lycée verraient leur service
majoré d’une heure.
Pour tous : une augmentation du temps de travail (ou une perte de pouvoir d'achat) et de nouvelles suppressions de postes prévisibles, plus de trois mille dès le budget 2007.
Nous n’acceptons pas la réduction constante de l’offre de formation : réduction des options, fermetures de filières, regroupement de toutes natures, mixage des publics. Conséquence logique de la réduction forcée du périmètre de l’enseignement professionnel, on constate que les élèves ont de plus en plus de difficultés à s’inscrire dans la filière de leur choix.
Nous exigeons le respect du droit à l’éducation de tous les élèves handicapés par le maintien et la création de classes adaptées, de postes et structures spécialisées en nombre suffisant dans le cadre de l’AIS.
Nous réaffirmons notre engagement pour qu’aucun élève ne soit expulsé et pour un plan massif de régularisation. Nous n’accepterons aucune chaise vide à l’école.
Après une élévation constante du niveau d’études ces 20 dernières années, c’est une scolarité au rabais, une école plus inégalitaire qu’on veut nous imposer : le strict minimum pour beaucoup et une formation complète seulement pour quelques-uns. Ils seront nombreux, en particulier des milieux populaires, à se voir proposer moins d’école. C’est un renoncement sans précédent à faire réussir tous les jeunes.
L'on ne peut pas avoir de
l'ambition pour l'école et ne pas y investir tout ce qui est nécessaire.
Notre système éducatif est un
élément décisif de l’avenir de nos enfants et du devenir de notre société. Les attentes
des jeunes, de leurs familles, de nos concitoyens sont fortes.
Tout cela implique
que l'éducation soit une véritable priorité nationale. Le budget de l'éducation
est un investissement et non un coût. Il est nécessaire de donner les moyens
nécessaires pour scolariser mieux, transformer l'Ecole et donner à la recherche et à l'enseignement
supérieur les moyens indispensables.
Cela implique que les choix budgétaires qui seront soumis au vote du parlement soient profondément revus car ils sont incompatibles avec une quelconque transformation ambitieuse de l'Ecole.